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Histoire & Legendes

La Guerre des Iles Sous-le-Vent

Une decennie de resistance armee, jusqu’au bombardement des villages de Taha’a.

Le royaume Tamatoa et l'annexion de 1888

Au XIXᵉ siecle, Taha’a et Raiatea formaient un meme royaume gouverne par la dynastie Tamatoa. Le 16 mars 1888, apres que le roi Tamatoa VI eut signe une demande de protectorat, le gouverneur francais Lacascade proclame l’annexion des Iles-Sous-le-Vent par la France. Mais une large part de la population refuse de se soumettre.

Teraupo'o et la resistance armee

Sous la conduite du chef Teraupo’o, une resistance s’organise et tient tete a la France pendant pres de dix ans, de 1887 a 1897. Teraupo’o installe un gouvernement rival avec Tuarii comme reine, et sollicite en vain le soutien britannique. Six districts de Raiatea et trois districts de Taha’a arborent alors le pavillon rebelle aux cotes du pavillon britannique, dans l’espoir d’une intervention exterieure qui ne viendra jamais.

Le bombardement de Taha'a, janvier 1897

Le 1er janvier 1897, deux navires de guerre francais, le Duguay-Trouin et l’Aube, font le tour de Taha’a et bombardent les villages pendant une heure. Une escouade de marins torpilleurs-mineurs debarque ensuite pour mettre le feu aux cases des chefs rebelles.

Apres le depart des navires, les insurges redescendent des montagnes pour incendier a leur tour les cases des partisans francais, en representailles, avant de reprendre courageusement position. Le village de Vaitoare fut l’un des hauts lieux de ces combats. Teraupo’o est finalement capture en fevrier 1897, dans une grotte de la vallee de Vaiaau sur Raiatea, mettant fin a la guerre. L’annexion officielle des Iles-Sous-le-Vent est proclamee en janvier 1898.

Ce conflit, parfois appele la \ »Guerre des Iles Sous-le-Vent\ » par les historiens, reste peu connu en dehors de la Polynesie francaise – une decennie de resistance qui contraste avec l’image d’une colonisation pacifique souvent associee aux iles du Pacifique. Pour Taha’a, cet episode reste une part importante de la memoire collective\u00a0: le souvenir d’une population qui a refuse de se soumettre sans combattre, meme face a la superiorite militaire francaise.